Amortissements
L'amortissement est une notion comptable qui a pour objet de constater la dépréciation subie par une immobilisation en raison de l'usure ou du temps.
Ex. : une entreprise inscrit à son bilan en 2012 un véhicule pour une valeur de 9 000 euros (valeur d'achat). En 2013, le véhicule aura perdu de sa valeur. L'amortissement permet de prendre en compte chaque année la perte subie par l'entreprise du fait de cette dépréciation.
Fiscalement, les amortissements régulièrement pratiqués au cours d'un exercice viennent en déduction du bénéfice imposable.
L'objectif poursuivi est de reconstituer un capital pour permettre le remplacement des immobilisations.
A noter : la constatation de l'amortissement est obligatoire
Les conditions à réunir pour amortir
Trois conditions doivent être réunies pour amortir un bien :
Ne peuvent être amorties que les immobilisations corporelles ou incorporelles, c'est-à-dire les biens destinés à rester durablement dans l'entreprise.
Les immobilisations doivent être inscrites à l'actif du bilan.
Le bien doit se déprécier par l'usure ou le temps.
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Éléments amortissables |
Éléments non amortissables |
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- Frais d'établissement (sur 5 ans) |
- Fonds de commerce |
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- Constructions (20 à 50 ans) |
- Terrains |
Précision : si un ou plusieurs éléments de l'actif sont utilisés à des fins différentes ou s'ils procurent des avantages économiques à l'entreprise selon un rythme différent, l'entreprise est tenue de répartir le coût des immobilisations en fonction de ses différentes composantes. Chaque élément est alors amorti selon un plan d'amortissement qui lui est propre. Il s'agit de la méthode d'amortissement par composants.
La durée et le taux d'amortissement
Le taux d'amortissement est fonction de la durée habituelle d'utilisation du bien (cf. tableau ci-dessus).
Toutefois, il est possible de pratiquer l'amortissement sur une période plus courte si des conditions particulières d'exploitation le justifient.
Par ailleurs, pour favoriser le développement de certains investissements, une durée d'amortissement plus courte (sur 12 ou 24 mois selon les cas) peut s'appliquer à certains biens (logiciels notamment). Il s'agit de l'amortissement exceptionnel.
Précision : les biens d'occasion, acquis par une entreprise ou apportés en nature lors de sa constitution, peuvent être amortis (uniquement selon le mode linéaire) en appliquant un taux déterminé en fonction de la durée probable de leur utilisation, appréciée à la date d'achat ou d'apport de ces biens.
L'amortissement est calculé, en principe, à partir de la valeur d'acquisition brute du bien (ou valeur d'apport, si c'est le cas). La base de calcul de l'amortissement de certains biens peut être plafonnée (voitures de tourisme, par exemple).
Les méthodes d'amortissement
L'entreprise ou la société peut amortir selon le mode linéaire ou dégressif.
L'amortissement linéaire
Cela consiste à déterminer une annuité constante d'amortissement tout au long de la période d'utilisation du bien.
Cette annuité est calculée en appliquant au prix de revient des éléments à amortir le taux d'amortissement déterminé en fonction de la durée d'utilisation du bien.
Ex. : une entreprise acquiert en février 2012 une automobile pour un prix de 9 000 euros dont la durée d'utilisation est de 5 ans. Le véhicule est immédiatement mis en service.
Le taux d'amortissement linéaire est de 5 ans. L'annuité d'amortissement est par conséquent de 1 800 euros.
Toutefois, en raison de l'achat du bien en cours d'année, la première annuité au titre de 2012 devra être réduite prorata temporis (la réduction se calcule en jours sur une base de 30 jours par mois).
En 2012, la dotation aux amortissements sera de 1 800 x 330/360 = 1 650 euros. Au titre des années suivantes, l'annuité est de 1 800 euros.
Ce mode d'amortissement peut s'appliquer à tous les biens amortissables, mais il est obligatoire pour les biens suivants :
les biens d'occasion,
les biens non admis au bénéfice de l'amortissement dégressif (par exemple, les véhicules de tourisme*),
et, les biens dont la durée d'utilisation normale est inférieure à trois ans.
L'amortissement calculé selon le mode linéaire correspond à l'amortissement minimum obligatoire à pratiquer au cours d'un exercice pour un bien amorti.
Tableau de calcul d'amortissement linéaire
L'amortissement dégressif
Le système dégressif consiste à pratiquer des annuités d'amortissement plus importantes les premières années afin d'encourager les entreprises à investir.
L'amortissement dégressif est réservé aux biens neufs ayant une durée d'utilisation d'au moins trois ans et appartenant à l'une des catégories de biens définies par l'article 39 A du code général des impôts.
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Exemple de biens pouvant bénéficier d'un amortissement dégressif |
Exemples de biens ne pouvant pas bénéficier d'un amortissement dégressif |
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Matériels et outillages |
Véhicules de tourisme |
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Installations de magasinage et de stockage |
Camionnettes de moins de 2 tonnes de charge utile |
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Investissements hôteliers (Immeubles et matériels) |
Matériel purement commercial (armoire frigo, chariots de supermarché, ...) |
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Micro ordinateurs et équipements informatiques |
Etc |
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Etc. |
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Le taux de l'amortissement dégressif s'obtient en multipliant le taux de l'amortissement linéaire par un coefficient qui varie selon la durée normale d'utilisation du bien :
durée normale d'utilisation égale à 3 ou 4 ans : 1,25
durée normale d'utilisation égale à 5 ou 6 ans : 1,75
durée normale d'utilisation supérieure à 6 ans : 2,25
Précision : les matériels et outillages utilisés pour des opérations de recherche scientifique et technique ouvrant droit au crédit d'impôt recherche peuvent bénéficier sous certaines conditions d'un amortissement dégressif majoré.
Le taux obtenu, dit "taux constant" s'applique la première année sur la valeur d'origine du bien, puis, à partir du 2ème exercice, sur la valeur résiduelle comptable du bien, c'est-à-dire sur la différence entre le prix de revient et le montant des annuités d'amortissement précédentes.
Ex. : une entreprise acquiert en avril 2012 un matériel de fabrication pour un prix de 100 000 euros dont la durée normale d'utilisation est de 5 ans.
Le taux d'amortissement linéaire est de 20 %, le taux d'amortissement dégressif est de 20 x 1,75 = 35 %.
- En 2012, l'annuité doit être réduite prorata temporis (la réduction se calcule par mois), soit : 100 000 x 35 % x 9/12 = 26 250 euros.
- Les années suivantes, l'amortissement à pratiquer se calcule sur la base de la valeur résiduelle.
Au titre de la seconde année d'amortissement par exemple, la valeur résiduelle est de 100 000 - 26 250 = 73 750 euros. L'annuité est alors égale à : 73 750 x 35 % = 25 813 euros.
Si à la clôture d'un exercice, l'annuité dégressive d'amortissement devient inférieure à l'annuité correspondant à la valeur résiduelle divisée par le nombre d'années d'utilisation restant à courir, l'entreprise peut alors faire état d'un amortissement égal à ces dernières annuités.
Mars 2013



















