Témoignages


A 50 ans, moi aussi je crée ma boîte !

ingrand.gif Sylvie Ingrand

CV : Sylvie Ingrand a ouvert une boutique de vente de kilims contemporains en plein coeur du Village St Paul à Paris dans le 4ème (le Marais). La société Patch'world, créée en juillet 2004, s'est rapidement transformée en caverne d'Ali baba pour amateurs de design ethnique.

Interview :

Votre société s'appelle Patch'world, quel en est le concept?

Ma société commercialise des kilims contemporains (tapis en laine, coloris obtenus à partir de teintures végétales, doublés de flanelle) au carrefour de l'ethnique et du design. Après l'ouverture de la boutique, j'ai très rapidement choisi d'étendre ma gamme de produits pour proposer des objets de décoration venant des quatre coins du monde.
Patch'world résume bien ce mélange des genres et des pays, d'autant plus que je m'adresse également à une clientèle étrangère à la recherche de produits originaux.
J'ai eu l'envie de créer une boutique "melting pot" tant au niveau des produits que de la clientèle, un point de rencontre où les clients "se sentent bien". En fait, Patch'world rassemble un univers de coups de c'ur que je souhaite partager avec les clients.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à créer votre entreprise à 50 ans ?

J'ai eu la chance de multiplier les expériences professionnelles tout au long de ma carrière. Je me suis épanouie dans des postes à responsabilités, que ce soit en tant qu'acheteuse en distribution sélective ou en tant que productrice dans l'audiovisuel.
Puis à 50 ans, l'entreprise pour laquelle je travaillais a fermé ses portes et j'ai été licenciée du jour au lendemain. J'ai alors suivi des formations en marketing et en multimédia mais les propositions d'emploi se faisaient rares. L'idée de créer mon entreprise est apparue un an après l'arrêt de mon travail. Ensuite, tout s'est enchaîné. J'ai capitalisé les connaissances acquises au travers de ces formations et les ai mises à profit dans ce projet.
La première raison qui m'a encouragée à créer cette entreprise, c'est bien sûr l'envie de retravailler le plus rapidement possible. Mais surtout je tenais là le moyen de m'affirmer davantage, ce qui était nouveau par rapport à mes expériences passées. Derrière cette volonté de retravailler se cachait une véritable envie de commencer une nouvelle aventure où moi seule déciderait de la stratégie à mener.

Y-a-t-il eu un déclic ?

Oui, un voyage en Turquie m'a permis de rencontrer le designer qui conçoit ces kilims et la petite structure qui l'entoure. J'ai eu un véritable coup de c'ur pour ces produits, les couleurs, la qualité impeccable. A l'époque, il cherchait un point de vente en France, il m'a donc considérablement aidée sur le plan logistique. Aussitôt rentrée, j'ai entamé mon étude de marché pour m'assurer qu'il existait une clientèle pour ce produit.
J'ai assisté à plusieurs conférences à la chambre de commerce et je n'ai pas hésité à m'entourer d'experts pour valider le réalisme de mon projet.

A t-il été difficile de vous lancer dans cette aventure ? Avez-vous ressenti des réticences liées à votre âge ?

Je n'ai pas ressenti de freins particuliers liés à mon âge. Tous les interlocuteurs à qui je présentais le projet ont été séduits par le produit et par mon enthousiasme. Selon moi, quelque soit son âge, le parcours de création est le même. D'ailleurs, j'avais auparavant créé une entreprise à 30 ans et je m'étais heurtée à davantage de difficultés. La création d'une entreprise me semblait moins évidente à cet âge là.

Votre famille vous a-t-elle soutenue dans ce projet ?

C'est véritablement un projet familial : mes enfants m'ont soutenue à tel point qu'ils sont aujourd'hui associés de la SARL. Je leur demande leur avis et ils me confortent dans mes choix. Le fait de me sentir entourée a été essentiel dans la réussite de ce projet.

Entre l'idée et la création de l'entreprise, combien de temps s'est-il écoulé ?

Il a fallu 5 mois pour créer l'entreprise. Encouragée par le fabricant turc, je me suis rapidement entourée d'experts (cabinet de conseil en marketing pour la réalisation de l'étude de marché, boutique de gestion pour le montage du business plan et expert-comptable) afin de m'assurer de la viabilité de l'entreprise.

Et face au banquier, votre âge a-t-il constitué un handicap ?

Non, au contraire, il était rassuré par mon passé professionnel. Le fait d'être accompagnée par des consultants et un expert-comptable m'a donné pleine confiance pour effectuer ma demande de financement. Pour augmenter mes chances d'obtention de prêt, j'ai même insisté auprès de mon expert-comptable pour qu'il participe au deuxième entretien avec le banquier. Mon projet a ainsi bénéficié d'une véritable caution professionnelle.

Quels financements avez-vous obtenu?

J'ai apporté 9 000 € en fonds propres qui ont été complétés par un PCE de 2 000 € et un prêt de la Banque Populaire d'un montant de 4 100 €. Mon banquier m'a tout de suite parlé du PCE pour financer mon stock de tapis.

Vous avez donc obtenu le soutien de votre banquier, comment cela s'est-il traduit ?

Il m'a aidé à trouver un financement totalement adapté à mon projet en me proposant un montage avec un PCE. Il a fait preuve d'un profond investissement personnel pour mon projet. C'est la raison pour laquelle il a présenté mon dossier au concours régional de la création d'entreprise en Ile de France de la Banque Populaire, dont j'ai été lauréate.

Aujourd'hui, comment qualifieriez-vous vos relations avec votre banquier ?

Nos relations sont excellentes, grâce à lui, j'ai obtenu de nombreux conseils utiles pour le démarrage de ma boutique. Il suit de près mon entreprise et n'hésite pas à mettre en place des outils adaptés pour faciliter la gestion de ma trésorerie.

Avez-vous bénéficié d'aides particulières lors de la création de votre entreprise ?

Etant demandeur d'emploi, j'ai bénéficié d'un accompagnement à la création d'entreprise, d'une exonération de cotisations sociales ainsi que du maintien de mes indemnités Assedic.
Grâce au dispositif de chéquier conseil, j'ai pris contact avec une avocate pour rédiger un contrat de distribution exclusif pour la commercialisation des kilims.

Avoir multiplié les expériences professionnelles vous permet-il d'être plus à l'aise dans la gestion de votre entreprise ?

Pour moi, c'était primordial de pouvoir m'appuyer sur mes anciennes expériences professionnelles. Avoir occupé un poste d'acheteuse me permet aujourd'hui de bien choisir mes produits en fonction de ma clientèle et de négocier avec mes fournisseurs. J'ai d'ailleurs obtenu un délai de paiement fournisseur de 6 mois au démarrage de l'entreprise.

Comment envisagez-vous l'avenir ?

J'essaye de l'envisager sereinement. C'est une aventure qui se construit au jour le jour. Ce qui me passionne, c'est que rien n'est figé. Il faut bien sûr savoir prendre des risques'mais mesurés. Je suis réactive par rapport à mon marché et suis constamment à l'écoute de mes clients afin de leur proposer des nouveautés en fonction de leurs goûts.

Avez-vous atteint les objectifs que vous vous étiez fixés ?

Oui, je suis plutôt satisfaite. Mais, comme je le disais précédemment, rien n'est jamais gagné.
A mes yeux, il est primordial d'observer le marché pour présenter des nouveautés de qualité à ma clientèle ; il faut être réactif avant tout.

Et si c'était à refaire ?

Je signe tout de suite !

Propos recueillis en janvier 2007 par Alexandra Barth


Les conseils de Sylvie Ingrand

Remettre constamment en cause ses hypothèses.
Etre à l'écoute de sa clientèle.
Etre enthousiaste, les interlocuteurs y seront réceptifs.

Les pièges à éviter

Se laisser "embobiner" par les fournisseurs.
Ne pas anticiper sa trésorerie. Dans un commerce, il faut savoir
gérer en permanence son besoin en fonds de roulement.
Trop intellectualiser son projet de création. Quand tous les feux
sont verts, il faut se lancer tout de suite.


En savoir plus sur le village Saint Paul à Paris : http://village-saint-paul.com


01/03/2007


Bravo
Je vous félicite pour votre création, et je vous souhaite une longue vie à votre entreprise. Je suis moi-même dans la situation qui vous a permis de débuter, et vous me donnez le courage d'avancer. Merci
Posté par Christine Winckler, 13/05/2009 13:15
Toutes mes félicitations
Je trouve votre idée originale, j'admire votre courage, j'aimerais également créer mon entreprise "dans la décoration d'intérieur". J'ai l'idée, maintenant il faut que je construise le reste. Merci pour votre témoignage, il donne envie de foncer. Bon week-end.
Sabine
Posté par art d'empaqueter, 23/11/2007 15:05
© Agence Pour la Création d'Entreprises (APCE)