Invités
Une démarche commerciale originale : la vente directe
Philippe Dailey
http://www.fvd.fr
CV : Philippe Dailey est délégué général de la Fédération de la Vente Directe (FVD).
Ce syndicat regroupe une centaine d'entreprises qui ont réalisé en 2000 un chiffre d'affaires de 7 450 millions de francs obtenu grâce à l'activité de 185 000 vendeurs à domicile.
Sa mission : veiller au bon développement de ce mode de distribution dans le respect de la loi mais aussi du code européen de déontologie.
Interview :
Qu'est-ce que la vente directe ?
La Vente directe est la 3ème voie de la distribution après la vente en magasin et la vente par correspondance.
Elle consiste à mettre en présence un vendeur et un acheteur en-dehors d'un magasin.
Elle ne doit pas être confondue avec les systèmes de vente à distance (vente par correspondance, téléachat, marketing direct...), ni avec les ventes directes sur les lieux de production.
Elle revêt deux formes :
- La "vente individuelle", qui consiste à proposer des produits directement au domicile des clients. Cette forme de commercialisation est la plus ancienne, mais elle a évolué en utilisant les outils modernes du marketing, coupons-réponses, prises de rendez-vous par téléphone, utilisation des nouvelles technologies de communication, présentation des produits par catalogues.
- la "vente en réunion privée", qui consiste pour un vendeur à réunir chez un de ses voisins ou amis, une dizaine de personnes afin de leur proposer différents produits et d'en faire la démonstration, dans un climat convivial.
A quels types de produits s'adresse la vente directe ?
Elle s'adapte tout particulièrement aux produits originaux, novateurs, techniques, éventuellement sur mesure, parfois insuffisamment connus du grand public, et qui justifient une explication ou une démonstration avant une décision d'achat : amélioration et protection de l'habitat, édition, articles ménagers, textile, cosmétiques, produits d'entretien, produits diététiques, TV par câble, électroménager , etc...
La "vente individuelle" s'adresse principalement aux produits qui atteignent un certain niveau de prix, l'offre étant souvent accompagnée d'une proposition de crédit.
La "vente en réunion privée", quant à elle, est plutôt choisie pour la commercialisation de produits généralement achetés par des femmes et qui nécessitent une démonstration.
Quelles garanties offre la vente directe pour la clientèle ?
La présentation effective du produit par un vendeur qualifié garantit au client un achat raisonné, répondant à des besoins identifiés.
Le client doit recevoir un bon de commande qui précise le nom et l'adresse du fournisseur ainsi que le nom du vendeur, et qui comporte un formulaire lui permettant de renoncer à sa commande dans le délai légal de réflexion de sept jours.
Il ne verse aucun acompte avant ce délai, conformément au Code de la Consommation.
Si l'entreprise est membre du SVD, le client bénéficie de garanties supplémentaires précisées dans le Code de la vente directe.
Ce code peut être consulté sur le site internet du SVD
Sous quel statut les vendeurs à domicile exercent-ils leur profession ?
Les entreprises qui recourent à la vente directe ont le choix, pour se constituer une force de vente, entre :
- embaucher des VRP ou représentants non statutaires, titulaires d'un contrat de travail ; leurs salaires sont calculés en fonction des commissions perçues sur les ventes réalisées, incluant les frais professionnels,
- ou se constituer un réseau de vendeurs indépendants.
Ces vendeurs organisent librement leur temps de travail et se fixent des objectifs.
S'ils exercent leur activité à titre principal ou habituel, ils sont tenus de s'inscrire au Registre du commerce et des sociétés ou au Registre spécial des agents commerciaux, selon qu'il s'agit d'acheteurs-revendeurs ou de mandataires.
S'ils exercent leur activité de manière occasionnelle, ils bénéficient du statut de "Vendeur à domicile indépendant".
En quoi consiste ce statut de "vendeur à domicile indépendant " ?
Il s'agit d'un statut mixte, issu de la loi du 27 janvier 1993, qui assimile les vendeurs à domicile occasionnels à des salariés au seul regard de leur protection sociale.
Par contre, pour le droit du travail, ils sont considérés comme des travailleurs indépendants et ne cotisent donc pas aux Assedic.
Ils bénéficient d'un système forfaitaire, allégé et progressif, de calcul des cotisations sociales.
A partir de quand l'immatriculation au RCS ou au Registre des agents commerciaux est-elle obligatoire ?
Mandataire ou revendeur, l'activité du vendeur indépendant est souvent, dans un premier temps, occasionnelle, mais peut devenir régulière jusqu'à représenter sa principale source de revenu.
Si ses gains dépassent durant 3 années consécutives, 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale (soit environ 14 112 ' par an), il devra, la 4ème année, demander son immatriculation au registre du commerce et des sociétés ou au registre des agents commerciaux.
Par la suite, l'activité commerciale du vendeur indépendant pourra s'accompagner d'une recherche de nouveaux vendeurs pour constituer sa propre organisation de distribution. Son revenu proviendra alors de ses ventes personnelles et des ventes de son équipe commerciale.
Propos recueillis en décembre 2001 par Laurence Piganeau
01/11/2004



















